Architexture du Bonheur · Pièce pour quatre danseurs · 1h environ
En lévitation, bordée de luminescence, quatre danseurs en ébriété (les cerveaux saturés d’oxygène) se soumettent à d’étranges épreuves. Il s’agit de rituels où les états de la danse peuvent être le résultat de manœuvres, permettant de gérer le surnaturel, favorisant l’élévation et les visions nécessaires aux expériences de voyance et de télékinésie.
Dans leur danse sur le feu joliment baptisée « Pyrobasie », ils s’interrogent : mais où ranger le bonheur ? dans quelle cavité du cœur, dans quel pli du corps, dans quelle circonvolution du cerveau naissent, échouent ces flux de souffrance et de plaisir ?…
Nos danses loufoques manipulent des larmes de joie et des objets verticaux et révèlent les stigmates d’un bonheur entier, mystique, complexe et farfelu.
Bruno Dizien
Alors heureux ?! Nouvelle caution de notre existence face à la négation du malheur et l’interdit de la mort, le « bonheur » s’éclate en toute modernité et voudrait nous faire croire à sa vérité pailletée : sa permanence.
Pour ma part, je préfère parler des petits bonheurs fugitifs et imprévisibles, ceux que l’on ressent et qu’on ne dit pas, ces fractions de temps qui simultanément nous comblent et nous frustrent, nous révèlent et nous plongent dans le néant.
Psylle se moque du « bonheur ». Psylle est un inventaire ludique, sincère, intime, dérisoire de cette infinité d’instants qui vont de l’imperceptible soupir à la plus grande extase. Psylle est une question sans fond, brinquebalés que nous sommes entre illusion et réalité.
Laura de Nercy
Psylle, Architexture du Bonheur, 2001 © Dery Fazio